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Point sécheresse sur la France

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C'est entre l'automne et la fin de l'hiver que les eaux pluviales sont à même d'alimenter efficacement les nappes phréatiques

C'est entre l'automne et la fin de l'hiver que les eaux pluviales sont à même d'alimenter efficacement les nappes phréatiques par infiltration. Le début du printemps est donc une période " clé " pour les aquifères, avant d'attaquer la saison estivale. C'est donc l'heure d'élaborer un état des lieux afin d'anticiper la période estivale à venir.


Au bilan, la situation hydrologique est très satisfaisante en France. Alors que le mois de mars 2012 laissait craindre une possible sécheresse estivale sévère au vu des niveaux historiquement bas des nappes phréatiques à l'époque, l'état des lieux est diamétralement opposé en ce début de printemps 2013. En effet, depuis l'été dernier, les précipitations ont repris un rythme que l'on n'avait plus revu parfois depuis une décennie.


Mais c'est surtout depuis l'automne que les pluies sont réellement efficaces en raison de la diminution de l'évaporation et de la fin de la période végétative : les eaux sont donc directement utiles pour s'infiltrer dans les sols et alimenter les nappes. L'hiver a été copieusement arrosé, avec parfois d'abondantes chutes de neige en plaine (tiers nord-est), ce qui permet une restitution encore meilleure de l'eau dans le sol au moment de la fonte. D'autre part, le manteau neigeux exceptionnel qui recouvre les massifs constitue une réserve qui soutiendra les étiages très certainement jusqu'au coeur de l'été.


Quelques disparités subsistent cependant


Une sécheresse tenace concernait quand même le sud-est de la France cet hiver, mais depuis la fin février, la situation a bien changé avec une succession d'épisodes fortement pluvieux (comparables à des épisodes cévenols). Ainsi, la tendance au remplissage des nappes est repartie à la hausse, bien qu'un déficit persiste encore sur les substrats calcaires du sud des Cévennes et du Languedoc. En revanche, la situation est redevenue largement satisfaisante dans le sud-ouest de la France.

Les grands aquifères de Beauce et de l'Ile-de-France ont bénéficié aussi de la pluviométrie hivernale, mais dans une moindre mesure : les niveaux y restent même parfois inférieurs de 20% de ce qu'ils devraient être à cette époque de l'année, mais la situation reste stable.


A quoi s'attendre pour l'été ?

Il n'y a pas d'inquiétude pour passer l'été au vu de la situation actuelle. Nos prévisions saisonnières envisagent un printemps restant assez arrosé dans la moitié sud avant un été standard. De toute façon, avec le départ de la saison végétative et dès l'arrivée des premières chaleurs, l'évapotranspiration ne permettra plus de remplir les nappes : mais nous pouvons compter sur une bonne restitution de la fonte nivale sur tous les massifs pour soutenir les étiages au moins jusqu'au milieu de l'été. Puis, si l'été devait s'avérer assez chaud et modérémment sec, l'on pourrait assister à une faiblesse des nappes du bassin parisien et de celles du Languedoc-Roussillon.

Cette analyse ne prend pas en compte l'évolution des sols superficiels, qui réagiront beaucoup plus vite en fonction des conditions météo à venir.

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