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Doit-on craindre une canicule comme en août 2003 ?

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Dix ans après la canicule historique de 2003, jour pour jour, les températures flambent sur la France. Le mois de juillet ayant

Dix ans après la canicule historique de 2003, jour pour jour, les températures flambent sur la France. Le mois de juillet ayant été déjà très chaud, vous êtes nombreux à nous poser cette question : s'oriente t'on vers une canicule de type 2003?


Le mois de juillet qui vient de s'écouler est donc le 3ème plus chaud, sur la France, depuis l'après-guerre, derrière 2006 et 1983. La récurrence de ces vagues de chaleur va t'elle nous conduire à une canicule en ce début août ?

La question est légitime mais la réponse de nos prévisionnistes se veut rassurante : certes, les niveaux des seuils de canicule sont une nouvelle fois atteints, mais ce pic de chaleur va s'estomper légèrement ce week-end après le passage des orages. La chaleur persistera néanmoins en début de semaine prochaine avant une nouvelle dégradation orageuse mardi et mercredi prochain. En conclusion, ces pics de chaleurs, bien que fréquents depuis un mois, excédent rarement les 3 jours et les 3 nuits consécutifs, ce qui est absolument incomparable avec la situation de 2003 et même de 2006.


Rien à voir avec la canicule de 2003 !


La canicule de 2003 avait été absolument remarquable par sa durée, son intensité et son extension géographique : ce fut un événement historique, comparable à la canicule de 1947 (qui faisait référence jusqu'alors) et aux grandes canicules qui concernent plus souvent la péninsule ibérique. Elle s'est installée graduellement dès le 1er août 2003 pour culminer entre le 7 et le 12 : à titre d'exemple, à Paris, la température atteignait la barre des 36°C pendant plus d'une semaine avec 4 jours à 39°C, tandis que les nuits restaient bloquées entre 22° et 25°C. Il a fallu attendre le 15, voire le 19 août, pour que les températures baissent lentement mais surement sur le pays...


Cette conjonction de jours torrides et de nuits chaudes, à laquelle s'est combiné l'effet de la pollution atmosphèrique à l'ozone, à conduit à l'hécatombe que l'on sait, avec une surmortalité de près de 12% pour notre pays. Le bilan final est terrible : 20 000 décès imputés directement à la canicule en France et 70 000 pour l'Europe. Ce fut l'événement climatique le plus meurtrier de notre époque contemporaine.


Notre illustration : les sphères sont un indicateur de l'intensité de quelques canicules remarquables (liste non exhaustive); elles sont issues d'un calcul tridimentionnel entre l'intensité de la chaleur (au-dessus du seuil de canicule), sa durée et son extension géographique sur le territoire. Plus les épisodes sont situés en haut à droite du schéma, plus ils ont été sévères. On remarque que l'été 1976 - qui a marqué les espits surtout par son intense sécheresse - ne fut pas aussi caniculaire : les très fortes chaleurs étaient plutôt situées sur la moitié nord de la France, sous forme de pics récurrents, un peu à l'image de juillet 1983 et de ce mois de juillet 2013.