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Météo hiver 2014 : l'analyse détaillée

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L’actualisation des

L’actualisation des prévisions saisonnières de METEO CONSULT met en évidence un hiver 2013 / 2014 plutôt « normal » en terme de statistique, mais dont l’évolution s’annonce très agitée : en effet, les moyennes ne permettent pas de faire ressortir les éléments marquants, ce qui nécessite donc cette mise au point concernant l’aspect probable de notre hiver en France métropolitaine.
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Les prévisions saisonnières établissent de grandes tendances trimestrielles concernant les éventuelles anomalies de température et de précipitation. Ainsi, ces moyennes « lissées » s’éloignent rarement des moyennes statistiques et passent souvent « sous silence » des épi-phénomènes parfois marquants. Ainsi, l’hiver dernier, resté dans les mémoires comme long et rigoureux, n’a présenté de réelle anomalie qu’en fin de période et surtout en mars, avec des chutes de neige tardives records : mais en moyenne, les températures sont restées globalement proches des statistiques sur l’ensemble de la saison.
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Les principaux éléments qui vont influencer notre hiver


L’hiver 2013 / 2014 a déjà fait couler beaucoup d’encre dans diverses publications, notamment concernant son éventuelle rigueur. Cependant, les analystes de METEO CONSULT ne retiennent pas un scénario aussi tranché tout en restant très attentifs aux « signaux atmosphériques » qui pourraient entraîner des surprises. Si nos prévisions tendent vers un hiver « standard à potentiel froid », le scénario retenu présente une évolution très chaotique sur l’Europe, avec de forts conflits de masses d’air en perspective. L’entrée dans l’hiver s’annonce très agitée, puis le froid pourrait se faire plus présent en fin de saison, notamment en février et mars.

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Les principaux facteurs qui pourront influencer la tendance de l’hiver sont les suivants :


- des surfaces enneigées déjà relativement étendue, aussi bien en Amérique du nord (Canada) qu’en Russie (Sibérie) : ainsi, pour l’hémisphère nord, cette couverture neigeuse est la 3ème la plus étendue (à cette période de l’année) depuis 10 ans, et le 7ème record de ces 46 dernières années (source : Université Rutgers).

- les glaces arctiques, qui n’avaient que très peu fondu cet été, se sont rapidement reconstituées en septembre-octobre : sans toutefois atteindre encore la surface de référence 1971-2001,
l’étendue actuelle de la banquise se rapproche de la moyenne de ces 20 dernières années.

- l’air froid de l’arctique : l’accumulation d’air froid au-dessus de la zone arctique pourrait faire toute la différence pour ces prochaines semaines : ces masses d’air modifient la circulation atmosphérique autour de la zone polaire (on parle de l’indice PNA pour l’océan Pacifique Nord et d’indice AO pour l’océan Arctique) : lorsque l’air froid entraîne la formation d’un anticyclone sur ces hautes latitudes, ces indices sont dits « négatifs », ce qui est favorable à l’écoulement des vagues de froid vers le sud (aussi bien pour le continent américain que pour l’Europe). Actuellement, ces indices entament une forte baisse, parallèlement à la recrudescence du grand froid en Sibérie Orientale : on a relevé jusqu’à –43°C en Yakoutie le 5 novembre, un record de froid pour cette époque précoce de l’année. Actuellement, il fait déjà -50°C à Oimiakon (Sibérie orientale).

- l’oscillation Nord Atlantique (NAO) est un véritable balancier atmosphérique au-dessus de l’Atlantique nord : cet indice mesure la différence de pression entre l’Islande et le Portugal. En cas de NAO négative, les vents d’ouest sont ralentis, laissant alors progresser les masses d’air issues de Scandinavie ou de Russie : c’est ce qui s’est fréquemment produit ces derniers hivers. Depuis le début de l’Automne, la NAO est restée fortement positive (avec comme conséquences les vents d’ouest doux et humides et les coups de vent). Mais progressivement, cet indice est également orienté à la baisse.

- le jet stream : il s’agit des vents de haute altitude qui tournent autour de l’hémisphère nord, avec plus ou moins de vigueur, et à des latitudes parfois fluctuantes. Cette « ceinture » est dynamisée par les conflits de masses d’air (air froid polaire et air doux subtropical) : lorsque le jet est dynamique, il génère la circulation des dépressions. Mais s’il ralentit, sous l’effet d’une NAO négative, où s’il plonge vers le sud, il ouvrira la voie aux masses d’air froid qui pourront envahir l’Europe : c’est ce qui est pressenti pour la deuxième moitié de l’hiver.


Nos illustrations : la première double carte montre l'évolution prévue de l'hiver en deux parties : ce sont des situations globales qui ne reflètent pas des épi-phénomènes (tempêtes, redoux...). La deuxième double carte montre les scénarios de rigueur hivernale : dans le premier cas, il s'agit d'une situation d'hiver froid par flux de nord, et dans le deuxième cas, il s'agit d'une situation caractéristique des hivers rigoureux par flux de nord-est dominant; c'est ce cas qui était retenu par certains météorologues américains et allemands.


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En conclusion, il faut retenir que l’hiver à venir s’annonce très agité et contrasté : même si les températures moyennes restent dans un premier temps proches des normales, il faudra se méfier de brusques variations de temps avec diverses conséquences : inondations, coups de vent, fortes amplitudes thermiques…Puis, la deuxième moitié de l’hiver semble devoir présenter un potentiel froid et neigeux sur l’Europe de l’ouest et la France : mais là aussi, il n’est pas possible d’être plus précis à une telle échéance, sachant qu’à une centaine de kilomètres près (ce qui est peu à l’échelle d’une prévision saisonnière), l’on peut passer d’un froid sibérien à une grande douceur océanique…


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