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Le risque inondation en France : dossier

Les inondations représentent le premier risque naturel en France, soit 80% du coût des catastrophes naturelles. Une commune sur trois est exposée, dont 300 grandes agglomérations, soit environ 2 millions de riverains directement concernés. Quelles sont les régions les plus menacées ? Quels sont les différents types d’inondations ? Le point.

Les inondations représentent le premier risque naturel en France, soit 80% du coût des catastrophes naturelles. Une commune sur trois est exposée, dont 300 grandes agglomérations, soit environ 2 millions de riverains directement concernés. Quelles sont les régions les plus menacées ? Quels sont les différents types d’inondations ? Le point.

Le risque « inondations » constitue la première menace naturelle en France, représentant environ 80% du coût des catastrophes naturelles. L’hexagone ainsi que les collectivités d’Outre-Mer sont exposées à tous les types d’inondations, dont certaines mettent des vies en péril : on parle alors de « risques avec enjeux humains ». Si, en général, les inondations sont lentes et liées à des débordements de fleuves, des « crues éclairs » lors d’orages violents peuvent s’avérer d’une violence inouïe, telle que la crue de Vaison-la-Romaine (septembre 1992) ou du Grand-Bornand (1987) par exemple.

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Crédit : la chaîne météo

Les types d’inondations La France est surtout menacée par des crues lentes liées aux débordements des rivières et fleuves : la montée des eaux survient après de fortes précipitations durables qui entraînent une saturation des sols : à partir d’un certain seuil, l’eau ne peut plus s’infiltrer et ruisselle directement dans les cours d’eau. Sur un petit bassin versant, la réaction des cours d’eau peut être rapide, mais à l’échelle d’un fleuve (Seine, Loire, Garonne, Rhône…), la propagation de l’onde de crue peut s’étaler sur plusieurs jours voire plusieurs semaines. Lorsque les nappes phréatiques sont saturées également, ce qui nécessite une durée inhabituelle des précipitations, l’eau de l’aquifère remonte vers la surface du sol, et peut provoquer l’inondation de plaines et de vallées pendant plusieurs semaines, même après l’arrêt des pluies : c’était le cas de la Somme pendant l’hiver 2001. Autre type d’inondations, nettement plus violentes : les crues rapides ou torrentielles. Appelées aussi « crues éclairs » en raison de leur rapidité, elles sont liées à d’intenses précipitations qui stagnent sur une petite superficie (à l’échelle d’un bassin versant par exemple, ou d’une grande ville) en région de relief et de sols plutôt imperméables. Il s’agit par exemple d’un violent orage stationnaire sur un petit bassin escarpé, dont les exemples tristement célèbres ne manquent pas : Nîmes le 03 octobre 1988 (11 morts), Vaison-la-Romaine le 22 septembre 1992 (37 victimes), ou encore la crue éclair du Grand-Bornand (74) le 14 juillet 1987 qui provoqua la mort de 23 personnes... A partir d’un certain seuil d’intensité horaire, les précipitations diluviennes ruissellent violemment sur les pentes escarpées, gonflant en quelques heures les petits cours d’eau qui se transforment alors en torrents dévastateurs ; les « Vidourles » du Gard et de l’Ardèche en sont des exemples caractéristiques, mais on peut trouver des cas similaires sur des pentes qui descendent des plateaux crayeux du Pays de Caux (inondations de Barentin et de Fécamp en 1996 et en 2000).

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Crédit : la chaîne météo

Enfin, les inondations littorales sont liées à la conjonction de plusieurs paramètres aggravants : en période de grandes marées, et si les vents soufflent forts du large, une forte houle déferle sur le littoral. Si la côte est basse, ou s’il s’agit d’un estuaire, les eaux marines peuvent alors s’engouffrer violemment dans les terres (on parle alors de « surcote » lorsque le niveau de la mer s’élève au-dessus de son niveau habituel). De plus, lorsque les cours d’eau sont également en crue, leur évacuation vers la mer est ralentie par cet effet de surcote (valable à marée haute), ce qui accentue les débordements. Les exemples ne manquent pas dans les années 2000, et plus récemment, en 2013. On retrouve cette même configuration dans nos départements d’Outre-Mer concernés par les houles cycloniques.

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Crédit : juliebattine

Les zones à risque En Métropole, environ 1 commune sur 3 est concernée par le risque d’inondation ; elles se dotent de plus en plus de Plan de Prévention du Risque d’Inondation (PPRI) en vue de restreindre les zones constructibles. Ces zones sont le plus souvent situées en bordure des grands fleuves et rivières (lit majeur), ainsi qu’en zones de relief (montagnes du sud de la France). A noter que les risques avec enjeux humains concernent justement ces régions du sud-est où les reliefs et l’intensité des précipitations est un facteur aggravant notoire. D’une façon générale, les régions centrales, le Limousin et les forêts landaises sont les moins menacées grâce notamment à la nature des sols. Enfin, les zones littorales « à risques » de vagues-submersion sont les côtes Atlantiques basses ou présentant des estuaires étroits et urbanisés (Charente, Vendée, Bretagne), mais aussi les côtes basses de la mer du Nord. La Méditerranée, bien que sans marées notables, présente un risque de grosses vagues brutales et de surcote, engendrant les coups de mer parfois violents sur la Côte d’Azur, ainsi que sur les côtes basses du Languedoc.  

 

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