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Pollution : peut-on continuer à vivre normalement en cas de pic ?

par La Chaîne Météo

En période de pic de pollution de l’air, peut-on continuer à vivre et sortir normalement, à aérer son habitation et sa voiture, à laisser jouer ses enfants dehors… ? Quels sont les gestes et habitudes à éviter en cas de pic de pollution ? Réponse de Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche sur la pollution au CNRS.

Faut-il continuer à aérer son habitation ?

En cas de pic (ou épisode) de pollution de l’air, il est recommandé de ne pas modifier les pratiques habituelles d’aération et de ventilation car la situation lors d’un épisode « habituel » de pollution, c’est-à-dire en dehors de situations spécifiques telles qu’un accident industriel, ne justifie pas des mesures de confinement. L’aération permet même de réduire la pollution de l’air à l’intérieur des bâtiments.

 

Peut-on continuer à faire du vélo ou du jogging ?

En ce qui concerne la pratique du vélo en ville, des études ont mis en évidence que les bénéfices pour la santé (liés à l’augmentation d’activité physique générée) étaient largement supérieurs aux risques induits, et cela même si en pédalant, on peut être plus exposé à la pollution de l’air. Ce constat vaut pour d’autres activités physiques ou sportives telles que le jogging. Seules les personnes vulnérables et sensibles (asthmatiques, personnes âgées ou malades..) doivent limiter les activités physiques d’intensité élevée en cas de dépassement des seuils d’information et les éviter en cas de dépassement des seuils d’alerte.

 

Peut-on maintenir les sorties des nourrissons et des jeunes enfants, et les activités physiques ou sportives des enfants et adolescents ?

Les sorties à l’extérieur des nourrissons peuvent être maintenues. Cependant, il est recommandé de les limiter dans la durée à proximité des sources majeures de pollution, telles que les grands axes routiers, et pendant les moments de la journée où le niveau de pollution est le plus élevé. Pour les jeunes enfants, les activités physiques et sportives d’intensité élevée doivent être limitées, autant en plein air qu’à l’intérieur.

 

Est-on également exposé à l’intérieur de son véhicule ? Faut-il plutôt rouler vitres ouvertes ou vitres fermées ?

Des études comparant la qualité de l’air dans différents moyens de transport ont montré que, dans nos régions, les automobilistes sont plus exposés à la pollution de l’air que les piétons et les cyclistes, car à l’intérieur des véhicules, le faible volume d’air dans l’habitacle fait se concentrer les polluants venant de l’extérieur et ceux émis dans l’habitacle du véhicule (et cela d’autant plus que les prises d’air des systèmes d’aération des véhicules se situent au même niveau que les pots d’échappement et donc « absorbent » pour partie la pollution émise par les véhicules voisins). Ainsi, l’habitacle du véhicule ne protège pas de la pollution de l’air présente à l’extérieur de ce dernier. De manière générale, il est recommandé d’aérer régulièrement son véhicule pour réduire la concentration des polluants à l’intérieur. En cas d’épisode de pollution de l’air ou en dehors de tels épisodes, il est préférable d’éviter d’aérer son véhicule à proximité d’autres sources de pollution, par exemple en zone de trafic dense ou dans les tunnels, et pendant les moments de la journée où le niveau de pollution est le plus élevé.

 

Plus d'informations sur les conseils en cas de pollution sur le site du Ministère des affaires sociales et de la santé

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