Actualités Météo
Comment mesure-t-on la force d'un cyclone ?

par La Chaîne Météo

Un an après les ouragans Irma, Maria et José, la saison cyclonique dans l’Atlantique Nord est à son pic d’intensité avec à nouveaux trois systèmes tropicaux sous surveillance : Florence, Helene et Isaac. Florence pourrait être l’ouragan le plus puissant depuis des décennies sur les USA. Afin de mesurer l’intensité de ces monstres de la nature plusieurs moyens existent sur lesquels s’est penchée La Chaîne Météo.

 

La technique Dvorak

Il existe plusieurs techniques pour évaluer l’intensité d’un cyclone tropical. La première repose sur une étude des photos prises par satellite, à la fois en couleurs naturelles et en infrarouge (ce qui permet d’observer la chaleur). Il s’agit de la technique de Dvorak qui en est l’inventeur.

Grâce aux couleurs naturelles, l’observateur analyse visuellement la signature nuageuse connue, c’est-à-dire les nuages au plus près de l'oeil et dans les bras de la spirale. Sur une photo, les nuages bourgeonnant par exemple autour de l’oeil et semblant être en ébullition indiquent des orages violents. Afin de surveiller l'intensification du cyclone ces photos satellitaires sont comparées toutes les 24h.

Actualités Etranger
Crédit : NOAA

L'observation des photos infrarouges sert quand à elle à mesurer l'écart de température entre la surface des eaux chaudes et le sommet des nuages d'orage. Plus cet écart est grand, plus grande est l'instabilité et donc la puissance du cyclone tropical.

Actualités Etranger
Crédit : NOAA

Comme la technique de Dvorak repose sur une analyse subjective de photos naturelles et infrarouge, les valeurs déduites sont des estimations. Il existe des moyens matériels permettant une plus grande précision.

Les chasseurs d'ouragan

Une autre technique repose sur l'envoi d'avions au coeur même des cyclones tropicaux afin de réaliser des mesures réelles. Aux Etats-Unis, 10 avion de l'US Air Force et 3 de la NOAA sont dédiés à ces missions qui existent depuis les années 40.

Des pilotes d'exception, les chasseurs d'ouragan, volent à l’intérieur des cyclones tropicaux jusque dans l'oeil, parfois pendant 9h. Durant leurs missions ils envoient des appareils de mesure, des catasondes, en divers endroits des cyclones tropicaux. Ces appareils possèdent des capteurs qui permettent de relever la pression atmosphérique, la température ambiante, l'humidité, ainsi qu’un récepteur GPS qui mesure la direction et la force des vents. Ces mesures sont ensuite traitées par la NOAA qui actualise la trajectoire et l’intensité des cyclones tropicaux.

Récemment plusieurs vols de reconnaissance ont été effectués pour évaluer  la puissance de l’ouragan majeur Florence qui devrait frapper la Caroline du Nord vendredi.

 

 

À lire aussi