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L'hiver sera-t-il froid en France ?

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Chaque année à la même époque, la grande question des prévisions pour l’hiver refait surface, avec de nombreux enjeux à la clé, d’ordre énergétique, économique ou encore touristique : fera-t-il froid ? Y aura-t-il de la neige en montagne ? En cette fin septembre, les tendances saisonnières proposent les premières grandes caractéristiques probables de notre futur hiver. Voici le scénario météo retenu par la Chaîne Météo.

Tous les ans, en début d’automne, le sempiternel article annonçant « l’hiver le plus froid du siècle » refait son apparition dans certains médias : il ne faut pas en tenir compte bien sûr ! Mais, de façon plus sérieuse, c’est la période de l’année où les supercalculateurs moulinent en vue de dégager une tendance dominante pour la saison à venir, en l’occurrence l’hiver. La Chaîne Météo propose ses propres prévisions saisonnières, dont voici, en substance, les caractéristiques les plus probables.

Quel contexte pour l’hiver 2018 – 2019 ?

Les prévisions saisonnières pour l’Europe et notamment pour la France sont complexes à élaborer et dépendent de nombreux paramètres sur lesquels nous reviendront plus bas. Rappelons que  les prévisions saisonnières de la Chaîne Météo sont issues d’un modèle numérique expérimental interne. Ces prévisions envisagent à ce jour un hiver globalement « plutôt doux » pour les mois de novembre, décembre, janvier et février, avec la persistance d’un déficit hydrologique jusqu’en novembre avant le retour d’un régime pluviométrique « normal » à partir de décembre. Mais bien sûr, au sein de ces 4 mois, la météo n’est pas figée et des changements de temps sont inévitables. Ainsi, les températures pourraient être supérieures de +0,5°C à +1°C sur la France métropolitaine pour la totalité de l’hiver, avec des précipitations « dans les normales », voire excédentaire autour de la Méditerranée. Dans ce contexte, la première partie de l’hiver semble s’orienter plutôt vers une certaine douceur, tandis qu’une forte incertitude persiste pour janvier et février, qui pourraient être davantage « de saison », donc plus hivernaux.

 

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Crédit : La Chaîne Météo

Des nuances à apporter

Dans ce contexte d’hiver qui s’annonce assez proche des standards, des nuances peuvent être apportées : ainsi, le mois de novembre pourrait être encore assez anticyclonique, pouvant présenter quelques journées de temps sec et froid avec du gel matinal. Mais les perturbations atlantiques feront aussi leur retour après un automne sec, ce qui est souhaitable. Le mois de décembre pourrait être plus dépressionnaire dans un flux dominant orienté au sud-ouest : cela expliquerait une douceur majoritaire avec le retour de la pluie et de neige en montagne. Ce temps plus perturbé devrait se confirmer en janvier et février, avec un contexte plutôt dépressionnaire sur la France, assez doux et humide. Mais à ce jour, la fiabilité n’est pas bonne pour évoquer le cœur de l’hiver, qui pourrait être plus froid sous l’influence de l’anticyclone situé alors sur la Scandinavie. Il n’est donc pas exclu, dans ce contexte, des offensives hivernales classiques, avec au final, un hiver qui pourrait ressembler à celui de 2016 / 2017, où une vague de froid assez notable avait concerné la France au mois de janvier.

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Crédit : La Chaîne Météo

En savoir plus sur les prévisions saisonnières : une configuration climatique complexe

Les caractéristiques d’un hiver sont liées à de nombreux paramètres sur lesquels nous ne reviendront pas en détail ici, mais qui prennent en compte les températures des océans, l’extension des surfaces enneigées dans les hautes latitudes, la circulation atmosphérique tropicale ou encore l’activité solaire et l’énergie reçue à la surface de la Terre. De plus, il existe des variations cycliques naturelles du retour d’hivers froids tous les 11 ans et tous les 60 ans, voire davantage.

D’autre part, des phénomènes externes telle l’activité volcanique peut aussi influencer la teneur de notre hiver en raison des cendres propulsées dans la haute atmosphère, pouvant refroidir le climat. Tous ces paramètres sont noyés dans le contexte du réchauffement climatique actuel mais sans relation directe de cause à effet : ainsi, même au sein d’une période chaude, appelée « optimum », nous pouvons subir des hivers froids, comme ce fut le cas ces dernières années en Amérique du Nord.

La France : des prévisions délicates

Outre la complexité des paramètres résumés ci-dessus, il convient de rappeler que le climat européen, et à fortiori de la France, se prête difficilement aux prévisions saisonnières en raison de son caractère « tempéré », c’est-à-dire ouvert à toutes les influences possibles (chaud, froid, sec et humide). Il est plus aisé d’élaborer des prévisions saisonnières pour l’Amérique du Nord car le climat est plus tranché, et les anomalies plus nettes. L’exemple le plus frappant est l’influence des températures de l’océan Pacifique (El Nino et La Nina), dont les conséquences sont quasi directes sur les saisons américaines, tandis que pour l’Europe, cela reste beaucoup plus confus.

Voir aussi :

Prévisions saisonnières de Météo Consult (actualisées chaque 10 du mois)

Tendance météo à 4 semaines pour la France métropolitaine (actualisée chaque jeudi)

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