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Qu'est-ce qu'un épisode méditerranéen ou cévenol ?

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L'automne est la saison traditionnelle des épisodes d'intempéries en Méditerranée, et cette année est à nouveau assez active, aussi bien sur les côtes françaises que sur les autres pays riverains. A ce sujet, l'Italie paie un lourd tribu à ce mauvais temps meurtrier, occasionnant de gros dégâts dans les zones portuaires. Cette instabilité est amenée à se poursuivre globalement jusqu'au 20 novembre.

Bien que l'automne soit la saison de "tous les risques" en Méditerranée, certaines années sont plus ou moins actives que d'autres, à l'image des saisons cycloniques en Atlantique, par exemple. Ainsi, ces dernières années nous ont habitué à des conditions météo moins virulentes, malgré d'inévitables épisodes de vents d'est entrecoupés de coups de Mistral et de Tramontane. Statistiquement, on observe sur nos côtes méditerranéennes françaises entre 3 et 6 épisodes par an, les mois d'octobre et de novembre étant les plus mouvementés.

La configuration météorologique globale est toujours à peu près la même, avec des dépressions se formant sur les eaux chaudes de la Méditerranée, faisant remonter des orages et de forts vents d'est à sud-est dans le Golfe du Lion, sur la Corse et sur la Côte d'Azur.

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Crédit : La Chaîne Météo

Une configuration atypique cette année

Cet automne 2018 présente une configuration météorologique un peu atypique par rapport à la trame générale dont nous venons de parler : les dépressions plongent de l'Atlantique nord en direction de la péninsule ibérique et du Maroc, c'est à dire très au sud - ce qui est assez inhabituel - pour finir leur course dans la Méditerranée occidentale. Ces dépressions, accompagnées d'air froid, font l'effet d'une "bombe" en arrivant sur les eaux chaudes : leur activité s'en trouve renforcée avec de multiples fronts froids générateurs d'orages et d'inondations. Dans ces cas de figure, les vents se renforcent autour des centres dépressionnaires, et remontent de secteur sud-est à est vers le littoral français, levant des trains de houle de 3 à 6 m. Le cas de la tempête Adrian du 29 octobre est un exemple assez remarquable d'une dépression méditerranéenne remontant plein nord en se creusant à 980 hPa, à l'image des véritables dépressions de l'Atlantique nord.

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Crédit : La Chaîne Météo

Une légère diminution de fréquence

La récurrence des épisodes méditerranéens est en légère baisse depuis la décennie 2000, tristement célèbre par des évènements catastrophiques et meurtriers (inondations de l'Aude en 1999, crues de Nîmes et de Vaison la Romaine). Cependant, la décennie actuelle a connu quelques très gros épisodes en 2002, 2011 et 2014 : des cumuls pluviométriques ont pu dépasser les 600 mm en 48 h, pour culminer entre 900 et 1000 mm lors de l'automne 2014 où 9 épisodes se sont succédés en octobre et novembre. Depuis 2016, les épisodes sont moins nombreux et plus faibles, ce qui n'empêche pas des drames de se produire, telles les inondations meurtrières de Cannes en 2015 et celles de l'Aude en octobre de cette année.

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Crédit : La Chaîne Météo

Quelle évolution cette semaine?

Jusqu'à ce mardi soir, la Méditerranée reste concernée par le passage d'une dépression circulant des Pyrénées vers l'Italie en longeant nos côtes, mais avec moins de puissance que les dernières fois. Cela occasionne un nouveau grand Frais sur les zones Provence. Ce type de temps dominé par le vent Marin, se maintient aussi mercredi. Ensuite, une accalmie se met en place jeudi mais ce n'est que temporaire : de nouveaux orages sont attendus vendredi, et la situation restera instable tout au long du week-end. Enfin, un nouvel épisode de grande ampleur semble se profiler aux alentours du 15 novembre.

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