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Saisons des cyclones 2018 : une année très active !

par La Chaîne Météo

La saison des ouragans 2018 dans l’Atlantique nord aurait pu être calme si deux ouragans puissants, Florence et Michael, n’avaient pas frappé les Etats-Unis. De l’autre côté du globe, dans l’Océan Pacifique Nord-Ouest, des typhons puissants ont fait beaucoup de victimes, notamment Mangkhut aux Philippines.

Dans l'Atlantique Nord : des ouragans puissants

La saison des ouragans dans l'Atlantique Nord s'est avérée, comme l'année 2017, au-dessus des normales : ces moyennes sont établies par la NOAA à partir de la période 1981/2010.

Cette saison 2018 compte 15 tempêtes tropicales, 8 ouragans dont deux majeurs. La saison a commencé de façon précoce le 25 mai avec la tempête Alberto : rappelons que le début de la saison des ouragans dans l'Atlantique commence officiellement le 1er juin et se clôture le 30 novembre.

Cette tempête a touché la péninsule du Yucatan, Cuba, l'est des Etats-Unis et le Canada, provoquant au total 18 décès.

En dehors du premier ouragan, Beryl, la saison des ouragans a été très calme jusqu’au 1er septembre, jusqu’à la naissance de l’ouragan majeur Florence dans l’océan Atlantique.

 

L’ouragan Florence : jusqu’à 211 km/h sur la Caroline du Nord

Le 5 septembre, l'ouragan Florence est devenu le premier ouragan majeur de la saison avec des vents dépassant les 211 km/h (catégorie 4). Le 14 septembre, l'ouragan touchait la Caroline du Nord avec des vents de 150 km/h et des rafales mesurées à 180 km/h.

La lente progression de Florence a provoqué de graves inondations en Caroline du Nord et du Sud. Elles se sont produites sur 100 kilomètres, de New Bern à Wilmington. Par endroits, les cumuls de pluie ont atteint 760 mm sur l’ensemble de l’épisode. Ce cumul représente l’équivalent d’une année de pluie à Lille !

On dénombre 30 victimes directes et 23 indirectes. Le coût est estimé officiellement à 45 milliards de dollars.

 

L'ouragan majeur Michael : jusqu’à 250 km/h en Floride

Le 9 octobre au matin, Michael pénétrait dans les eaux très chaudes du Golfe du Mexique. Cette chaleur lui a permis de s’intensifier de façon explosive en ouragan majeur (vents supérieurs à 178 km/h).

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Crédit : NOAA

L'ouragan majeur a touché terre à Mexico Beach le 10 octobre, avec des vents atteignant les 250 km/h et une pression atmosphérique de 919 hPa. Ce qui fait de l'ouragan Michael le troisième système atlantique le plus puissant à toucher les terres étasuniennes si on se réfère à la seule pression atmosphérique, et le 4ème plus puissant au niveau des vents maximaux.

Les dégâts sur les côtes nord-est de la Floride ont été catastrophiques. La puissance des vents a rasé plusieurs pâtés de maison. Le bilan officiel fait état de 60 décès et des dommages estimés à plus de 15 milliards de dollars.

 

L’ouragan européen Leslie au Portugal

Leslie devient un ouragan le 3 octobre et touche les côtes portugaises à Figueira da Foz où une rafale de 176 km/h a été mesurée. Le Portugal n’avait plus connu de système aussi violent depuis 1842.

Les restes de Leslie ont contribué à alimenter un épisode méditerranéen en France. La conjonction des deux phénomènes a provoqué des inondations catastrophiques dans l’Aude, causant la mort de 14 personnes.

 

Dans le Pacifique Nord-Est : un nombre exceptionnel d’ouragans majeurs

Si la saison des ouragans a été tout juste au-dessus des normales dans l’Atlantique, celle dans l’Océan Pacifique Nord-Est a en revanche été exceptionnelle, et cela pour deux raisons : l’énergie des ouragans et leur grand nombre.

C’est en effet la saison qui compte le plus d’ouragans majeurs en catégorie 5/5, à égalité avec 2002, avec les ouragans Lane, Walaka et Willa.

L’ouest du Mexique a été le plus concerné, en particulier la Basse-Californie. L’archipel américain d’Hawaï a été touché par les systèmes les plus violents (Lane et Walaka). 40 victimes ont été recensées et les dégâts sont estimés à plus d’un demi-milliard de dollars. La tempête Vicente a été la plus meurtrière avec 16 victimes à Mexico.

 

Dans le Pacifique Nord-Ouest : des typhons très meurtriers 

Cette saison (toujours en cours) se classe tout juste au-dessus de la moyenne, que ce soit en termes d’énergie cyclonique et de nombre de tempêtes. Les systèmes les plus violents ont été Maria, Jebi, Mangkhut, Kong-Rey et Yutu qui ont tous atteint la catégorie 5/5. 

Le bilan humain est de 583 victimes et le coût des dégâts est estimé à plus de 11 milliards de dollars.

 

Mangkhut, le typhon le plus meurtrier de la saison

Le typhon le plus meurtrier a été Mangkhut, avec un bilan humain de 137 victimes. Le nord des Philippines a payé le plus lourd tribut à Luzon avec 127 victimes.

 

Yutu, le cyclone le plus puissant de l’année 2018

Yutu a été le système le plus puissant de cette saison. Les vents ont soufflé à 285 km/h (relevés sur une minute) et la pression atmosphérique du phénomène a été estimée à 905 hPa. Il a causé des dégâts terribles dans les îles Mariannes (territoire américain) le 25 octobre. Yutu est le 3ème cyclone le plus puissant à frapper un territoire étasunien. Il est aussi le système cyclonique le plus puissant de l’année 2018, tous bassins confondus.

 

Comment sont mesurées l’activité et l'intensité des saisons cycloniques ?

L'intensité des saisons cycloniques est mesurée principalement à l’aide de deux mesures :

1) Le nombre de tempêtes en l’espace d’une saison. Rappelons qu'une tempête est catégorisée par des vents moyens dépassant les 64 km/h. C'est à cette étape qu'elle est nommée et donc enregistrée officiellement.

2) La ACE (accumulated cyclonic energy) utilisée par la NOAA (Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique). Il s’agit de l’énergie des cyclones relevées par un calcul se basant sur les vents maximaux, sur des périodes de 6h.

 

Voir aussi : 

Les ouragans : comment sont-ils nommés ?

 

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